Mon voyage à Kalimpong
Par Barb Haddad
Le 6 septembre 2005, j'ai quitté le bassin de Katmandou et mon
travail de bénévole avec Child Haven International pour me rendre
à Kalimpong afin de voir comment le projet de construction d'une
résidence pour les aînés avançait. Après avoir embarqué dans un
petit avion de Buddha Air pour aller jusqu'à Bhadrapur dans l'Est
du Népal, j'ai marchandé un passage en voiture jusqu'à la frontière
avec l'Inde et j'ai ensuite rejoint Panitanki en pousse-pousse à
bicyclette de l'autre côté du pont. Du côté indien, j'ai pu admirer
les nombreuses plantations de thé. Le périple vers Kalimpong a débuté
à Siligouri, dans la partie orientale du pays, qui mène vers Sikkim,
Darjiling et le Bhoutan. Après un trajet de deux heures et demie
sur des routes sinueuses dans les contre-bas de l'Himalaya, et à
travers de nombreux petits villages au-delà de la rivière Teesta,
notre jeep est finalement arrivée à Kalimpong.

© Barb Hadded
Une fois installée dans une chambre avec une vue magnifique de
la vallée Teesta, je me suis mise en devoir de trouver l'Office
tibétain du Bien-Être Social. Ce qui est merveilleux à Kalimpong,
c'est que, parfois, le soir, on peut marcher dans les nuages et
la qualité de l'air y est si différente de celle dans les grandes
villes achalandées des basses-terres de l'Inde.
Le lendemain, j'ai rencontré M. Tsewang Tashi Ksaraleg, l'Agent
du Bien-Être Social de Kalimpong, qui m'a accueillie chaleureusement.
Il m'a d'abord offert du thé avant de me montrer l'endroit où la
résidence pour les aînés que nous parrainons allait être construite.
Malgré le fait qu'il avait beaucoup à faire à cause des préparations
pré-électorales, il a pris le temps de m'accompagner durant toute
ma visite et, au cours de nos longues conversations, j'ai pu apprécier
son dévouement à la cause et à la communauté tibétaines et son admiration
pour Sa Sainteté le Dalaï Lama.
Pendant nos excursions, nos repas pris ensemble et les nombreuses
tasses de chai, Tashi La m'a fait part de sa vision pour Kalimpong
et de sa loyauté envers la communauté. J'ai d'ailleurs pu le constater
lors de nos visites à des personnes dont il s'occupait. Il s'agissait
le plus souvent de personnes âgées qui avaient des problèmes de
santé et qui étaient sans ressources. Nous avons essayé de nous
occuper d'un cas sérieux, un vieil homme qui avait une telle infection
dans la jambe que j'ai pensé que cela risquait de se transformer
en gangrène, si on n'agissait pas rapidement. Nous avons donc fait
les démarches pour l'évacuation de ce vieil homme afin qu'il puisse
être traité médicalement et pour qu'un suivi puisse être assuré
par l'agent local au retour. J'ai pu voir des cas semblables de
personnes âgées vivant seules, souvent loin des services médicaux
et sans moyens de transport, ce qui complique infiniment la tâche.
haut de la page
Je comprends la nécessité de construire une résidence pour les
aînés tibétains dans cette région. Il est essentiel que ces gens
aient un abri solide et chaud, près d'un centre médical. En ce qui
concerne la composante sociale, le Mani Lakhang, qui est le centre
communautaire tibétain, se trouve juste à côté du site proposé pour
la résidence. Nous sommes maintenant en mesure d'installer de nouveaux
planchers dans cet édifice, grâce à la générosité d'un des bénévoles
de LATO, M. Bill O'Connell, qui a versé la totalité des fonds (3,500
$) pour la rénovation. De nombreuses activités et cérémonies ont
lieu dans ce centre communautaire. Pendant ma visite, il servait
de centre de scrutin pour les élections dans la région de Kalimpong.
Au deuxième étage, se trouve le monastère local et, à côté, il y
a la Clinique de médecine tibétaine.

© Barb Hadded
Cette visite a été très instructive. J'ai même pu filmer quatre
aînés tibétains qui m'ont fait un récit bouleversant de leur vie.
Ce sera un honneur de partager ces histoires au souper
du dixième anniversaire du ATO en octobre 2007. J'ai
également eu le privilège de rencontrer l'architecte, M. Ashok Pradhan,
qui m'a montré les plans pour la construction de la résidence et
nous avons pu discuter de certains aspects. Le lendemain, il m'a
remis les plans pour que je puisse les ramener à Ottawa.
Je me souviendrai toujours de l'hospitalité de Tashi La et de son
fils Wangdue, ainsi que de celle de M. Ashok Pradhan. Je les remercie
du temps qu'ils ont gracieusement accepté de partager avec moi durant
une période si occupée à Kalimpong.
haut de la page