Le porte-parole de ceux qui ne peuvent s'exprimer
Bonjour, Tashi Delek, je m'appelle Jurme Wangda. Je suis le président
des Amis du Tibet à Ottawa. Je suis convaincu qu'il est temps
d'établir un forum où nous pouvons partager nos idées
et nos préoccupations et qui me permette de répondre
directement à vos questions. J'espère pouvoir continuer ce
dialogue afin de nourrir notre amitié et assurer que notre rêve
commun de venir en aide aux autres soit productif.

Sa Sainteté le Dalaï Lama et Jurme
Wangda. Photo : courtoisie de Chris Kralik et du ComitéCanada
Tibet.
À l'heure actuelle, notre objectif principal est de construire
une résidence pour les réfugiés tibétains âgés
et indigents à Kalimpong dans le nord-est de l'Inde. Je mentionne
ceci dès maintenant car on me demande souvent pourquoi je
m'intéresse tant aux personnes âgées dans une
région généralement considérée
comme isolée en Inde.
Il y plusieurs raisons pour lesquelles il est important que notre
organisation agisse. D'une part, ces gens sont innocents. Ces Tibétains
sont plus que de simples réfugiés condamnés
à l'exil. Leur seul crime a été de croire en
la liberté, de vouloir vivre en paix et de pratiquer la compassion.
C'est pour cela qu'ils ont dû quitter une terre qu'ils aimaient.
Leur voyage fut pénible. J'ai moi-même vécu
une expérience semblable quand j'étais jeune. Je pense
qu'il est temps d'aider ces individus pacifiques et compatissants
à avoir un foyer dans leur vieillesse, un endroit qui leur
permette de vivre dans la dignité et la paix, alors qu'ils
abordent la fin de leur existence.
Vous vous demandez peut-être quel est le rôle de Sa
Saintetéle Dalaï Lama et du gouvernement tibétain
en exil. Dès le début, en 1959, et ce jusqu'à nos
jours, Sa Sainteté et le gouvernement en exil mettent l'accent
sur le bien-être et l'éducation des jeunes. Par exemple,
les frais d'internat et d'instruction des orphelins sont gratuits.
Les enfants pauvres sont bien soignés. Mais, soudain, après
47 années d'exil, des générations plus âgées
sont apparues. Et ceci a créé une situation critique
qui demande des solutions, si l'on veut aider ceux qui n'ont personne
vers qui se tourner.
Heureusement, le gouvernement tibétain en exil a adopté
une politique qui encourage les Tibétains à garder
leurs aînés dans le foyer familial. Il y a deux avantages
à une telle politique : d'une part, cela nous permet de conserver
notre culture et nos valeurs traditionnelles, et d'autre part, nos
aînés ne finissent pas leurs jours dans des institutions.
Pourtant, il y a encore beaucoup de gens seuls qui n'ont personne
vers qui se tourner. C'est pour cela que la construction d'une résidence
pour les aînés sera un bienfait.
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Un autre problème est qu'il y a davantage de réfugiés
tibétains dans le Sud de l'Inde que dans le Nord. Par exemple,
à Mysore Bylakuppe, un des camps de réfugiés
compte plus de 16,000 personnes dont plus de mille étudiants. Or,
à Kalimpong, là où nous allons construire la
résidence pour personnes âgées, il y a environ
1,500 réfugiés. Il est plus facile de créer
des infrastructures dans les zones de populations plus denses. Dans
le Nord, les colonies sont beaucoup plus petites et les gens sont
éparpillés plutôt que distribués de façon
systématique, ce qui complique la situation pour ceux qui
s'occupent des personnes âgées et démunies.
Il appert également que nombre de personnes âgées
préfèrent habiter dans le Nord du pays, plus près
de leur patrie et là où le climat est moins chaud.
C'est pour toutes ces raisons que notre projet est nécessaire
et viable.
La bonne nouvelle est que nous sommes prêts à construire.
Ce que je veux dire par là est que nous avons déjà
acquis le site et le permis du site. Nous avons des architectes
et des ingénieurs qui sont prêts à assumer la
tâche à Kalimpong. La balle est maintenant dans notre
camp. Nous devons nous assurer que les fonds nécessaires
soient recueillis et envoyés à temps.
Les plans de construction peuvent être rapidement adaptés
à toute autre résidence du même genre dans d'autres
endroits. Ces plans ont été fournis gratuitement et
pourront être consultés lors du repas annuel en octobre 2007.
J'aimerais partager une préoccupation avec vous. Quand le
projet a débuté, nous ne pensions pas que cela prendrait
autant de temps. Or, nous avons rencontré un certain nombre
de difficultés, ce qui est souvent une réalité
quand on fait affaire en Inde. Nous attendons toujours que le permis
de construire soit délivré, mais nous savons qu'il
faut faire preuve de patience quand on traite avec les autorités
locales à Kalimpong. Le ministère de l'Intérieur
à Dharamsala ne nous a pas transmis un devis détaillé
des coûts. Il va sans dire que ce projet nous apprend bien
des choses. Pour moi, tous ces obstacles signifient qu'il faut apprendre
à réussir.
J'espère que ceci répond à certaines de vos
questions. Si ce n'est pas le cas, n'hésitez pas à
me contacter. Il y a beaucoup à faire. Les aînés
tibétains ne demandent pas davantage que ce qu'ils méritent.
Il nous appartient d'agir. Travaillons ensemble pour que cela devienne
réalité.
Pour finir, je tiens à remercier chacun et chacune d'entre vous
de votre appui et de votre aide généreuse. J'aimerais
vous donner l'occasion de nous aider à réaliser notre
rêve commun de voir cet édifice construit rapidement
grâce à vos dons.
Jurme Wangda
Président
Les Amis du Tibet à Ottawa
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